La vanlife n’est plus une mode passagère, c’est devenu un mode de vie assumé par une partie croissante de la population. Mais derrière les chiffres flatteurs, se cache une réalité plus nuancée : tous les Français ne sont pas prêts à troquer leur salon pour un coin cuisine sur roues.
Une passion qui résiste au temps
Sur le papier, le chiffre impressionne : 10 % des Français se disent prêts à investir dans un camping-car dans les prochaines années. Mais à y regarder de plus près, ce chiffre concerne surtout une tranche bien précise : les 50-75 ans, vivant à la campagne, dans des maisons individuelles. Autrement dit, un public déjà acquis à la cause.
Cela dit, la croissance du marché est bien réelle. En dix ans, les immatriculations de camping-cars et de vans aménagés ont grimpé de 50 %, selon les données du syndicat du véhicule de loisirs (VDL). Et la France s’impose désormais comme le deuxième marché européen, juste derrière l’Allemagne, représentant à elle seule 15 % des ventes sur le continent.
Une envie de liberté post-pandémie
Le boom a pris racine à un moment très précis : le post-Covid. En quête de liberté et de sécurité sanitaire, de nombreux Français ont vu dans le camping-car une façon d’allier voyage et autonomie. Plus besoin d’hôtel, de réservation, ni de planning figé : on embarque sa maison avec soi et on suit la route.
Un ami, citadin pur jus, m’a raconté son premier été post-confinement à bord d’un fourgon aménagé loué en Bretagne. Trois semaines de pluie, mais aussi une sensation de liberté qu’il ne soupçonnait pas. Depuis, il envisage sérieusement d’en acheter un. Il n’est visiblement pas le seul.
Un marché porté par une clientèle fidèle
Même si le dernier sondage commandé par le syndicat du VDL limite ses résultats à un échantillon bien ciblé, les intentions d’achat restent fortes. Parmi les sondés, un tiers ne prévoient pas de sauter le pas immédiatement, mais n’excluent pas de le faire dans un avenir proche.
Ce qui est certain, c’est que la clientèle traditionnelle – les retraités ou futurs retraités en quête d’indépendance – reste au rendez-vous. Leur appétence pour les longs séjours, les itinéraires hors des sentiers battus et la tranquillité d’esprit qu’offre une maison sur roues alimente durablement le marché.
Un rendez-vous incontournable au Bourget
Preuve de cet engouement persistant : la 59e édition du salon du véhicule de loisirs approche à grands pas. Cette année, l’événement quitte le parc des expos de Villepinte pour s’installer au Bourget. Pas moins de 160 exposants y présenteront les nouvelles tendances de l’habitat mobile : des vans ultra-compacts, des camping-cars tout confort, et même des innovations pour les amateurs de voyages durables.
Il ne fait aucun doute que les allées du salon seront bien remplies. Reste à savoir si de nouveaux profils – plus jeunes, plus urbains – viendront enrichir cette communauté déjà bien rodée.
La vanlife continue de séduire une partie non négligeable des Français, même si la passion reste pour l’instant cantonnée à un public ciblé. L’avenir dira si cette envie de liberté routière s’étendra à d’autres horizons… ou restera une parenthèse pour ceux qui savent encore prendre le temps.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.







