Ils étaient les rois de la route pendant les étés confinés, symboles d’évasion et de liberté à quatre roues. Et pourtant, en 2025, les camping-cars changent de mains à une vitesse qui en dit long sur le changement d’air. Ce véhicule autrefois synonyme d’aventure est aujourd’hui pour beaucoup devenu un fardeau économique.
Le camping-car, une liberté devenue coûteuse
À l’origine, le camping-car représentait un investissement plaisir. Voyager sans contrainte, éviter les hôtels, suivre le soleil… L’image avait tout pour séduire, surtout après les confinements. Mais en quelques années, la donne a changé. Aujourd’hui, posséder un camping-car revient souvent à jongler avec des coûts qui n’en finissent plus : prix du carburant en hausse, assurance salée, réparations imprévues, stationnement payant… sans parler du stockage quand l’engin ne roule pas.
Selon plusieurs professionnels du secteur, plus de 40 % des reventes sont désormais motivées par des raisons économiques. L’inflation n’épargne rien ni personne, et les camping-cars, aussi attachants soient-ils, ne font pas exception. Nombreux sont ceux qui préfèrent récupérer un peu de trésorerie plutôt que de continuer à assumer ces frais annuels, même si leur véhicule ne quitte plus l’allée.
Une revente pas toujours une perte
Le bon côté des choses ? Les camping-cars ne se dévalorisent pas aussi vite qu’on pourrait le croire. Les modèles récents, bien entretenus, peuvent encore se revendre jusqu’à 70 % de leur prix d’origine. La décote est estimée entre 5 % et 10 % par an, ce qui permet à certains propriétaires de limiter la casse, voire d’en sortir gagnants s’ils avaient acheté au bon moment.
Un ami m’a confié avoir vendu son camping-car après seulement trois étés d’utilisation. Il avait cru, comme beaucoup, qu’il allait l’utiliser à chaque pont ou week-end ensoleillé. Finalement, entre les occupations du quotidien, les travaux à la maison et les invitations de dernière minute, le bolide est resté plus souvent sous sa bâche que sur les routes.

Nouveaux besoins, nouvelles envies
Il faut dire aussi que les usages ont changé. Les enfants ont grandi, les priorités évoluent, et le confort devient un critère plus exigeant, notamment pour les jeunes retraités. D’autres cherchent à réduire la taille : les vans aménagés ont désormais la cote, plus maniables, moins visibles, et surtout plus compatibles avec les règles de stationnement de plus en plus strictes.
Les interdictions de se garer dans certaines zones, les amendes salées pour stationnement sauvage, la rareté des aires de repos équipées… Tout cela finit par peser. Pour certains, c’est même devenu un vrai casse-tête logistique. Alors, plutôt que de s’acharner, ils préfèrent passer à autre chose.
Le poids des règles et du quotidien
À côté des raisons économiques ou pratiques, il y a aussi la réalité réglementaire. De nombreuses communes restreignent l’accès aux camping-cars, surtout l’été. Certaines imposent des horaires, d’autres interdisent purement et simplement le stationnement en dehors des campings agréés. Et on ne parle même pas du casse-tête pour remiser le véhicule quand on habite en centre-ville.
Entretenir un camping-car demande de l’espace, du temps, et une certaine logistique. Ce n’est pas juste un véhicule, c’est un mode de vie. Et pour beaucoup, ce mode de vie ne colle plus à leur quotidien.
Le camping-car reste une belle promesse d’évasion. Mais en 2025, la promesse ne suffit plus. Elle doit s’aligner avec la réalité économique, les usages évolutifs et les contraintes de plus en plus nombreuses. Alors oui, de plus en plus de Français choisissent de tourner la page. Non pas par désamour, mais par pragmatisme.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.







