Pourquoi certains radars se mettent à flasher

Pourquoi certains radars se mettent à flasher… et à se faire dégrader

Peinturlurés, incendiés, tronçonnés… Les radars routiers n’en finissent pas d’attirer la colère de certains automobilistes ou manifestants. Mais dans l’Aisne, un groupe d’opposants a trouvé une méthode originale et non-violente pour neutraliser un appareil : plutôt que de le détruire, ils l’ont… aveuglé avec un mur de pneus.

Un radar bloqué sans casse

La scène s’est déroulée sur la D967, entre Laon et Crécy-sur-Serre. Un radar mobile de chantier y avait été installé pour contrôler la vitesse des automobilistes. Sauf que quelques heures plus tard, il ne flashait plus les voitures… mais un tas de pneus.

Les opposants avaient empilé suffisamment de caoutchouc pour créer une barrière. Résultat : le radar ne voyait plus rien, devenant totalement inutile. Difficile, dans ces conditions, d’envoyer une contravention crédible.

Ce procédé a un autre avantage pour ses auteurs : il repose sur la non-violence. Contrairement aux incendies ou aux dégradations habituelles, il ne peut pas être qualifié de destruction de bien public. Une manière de contourner la loi… tout en faisant passer un message.

Quand la contestation prend des formes plus radicales

Si cette action insolite prête presque à sourire, d’autres s’inscrivent dans une logique beaucoup plus agressive. À Moustoir-Ac, dans le Morbihan, un radar a récemment été incendié, comme plusieurs autres auparavant. Ici, plus de doute : il s’agit d’une dégradation volontaire, passible de sanctions pénales lourdes.

Ces gestes s’inscrivent dans un climat de tensions sociales où les radars deviennent souvent des symboles de l’État et de sa “surveillance”. Les opposants dénoncent une logique purement punitive et financière, rappelant que ces dispositifs rapportent chaque année plusieurs centaines de millions d’euros à l’État, selon la Cour des comptes.

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Les agriculteurs dans le viseur… des radars

À quelques jours d’une mobilisation nationale annoncée par les syndicats agricoles, la question ressurgit : les radars pourraient-ils devenir une nouvelle cible ?

Historiquement, lors de mouvements de colère, les agriculteurs n’ont pas hésité à s’en prendre à ces équipements. Les appareils sont déplacés, bâchés, recouverts de pneus, voire mis hors-service de manière plus brutale. Un moyen de frapper fort, puisque ces machines incarnent à la fois la présence de l’État et la sanction immédiate.


Qu’ils soient incendiés, bâchés ou bloqués par des pneus, les radars restent un exutoire pour ceux qui contestent leur utilité. Entre contestation créative et destruction pure et simple, ces actions témoignent d’un malaise persistant : la perception de la sécurité routière se heurte à un sentiment d’injustice et de contrôle permanent. Reste à savoir jusqu’où certains iront pour faire “taire” ces machines à flasher.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.

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