La question taraude de nombreux adeptes de la vanlife : leur camping-car pourra-t-il encore accéder aux grandes métropoles en 2025 ? Avec le renforcement progressif des Zones à Faibles Émissions (ZFE), plusieurs modèles de véhicules risquent d’être bannis de la circulation urbaine. Le point sur les nouvelles règles et les dérogations possibles.
Deux catégories selon le poids du véhicule
Tous les camping-cars ne sont pas logés à la même enseigne. Leur classement Crit’Air dépend directement de leur PTAC (Poids Total Autorisé en Charge), indiqué à la ligne F.1 de la carte grise.
– Moins de 3,5 tonnes : ils sont assimilés aux voitures particulières.
– Au-delà de 3,5 tonnes : ils entrent dans la catégorie des poids lourds et subissent une réglementation plus stricte.
Pour les camping-cars légers (diesel, majoritaires) :
- Avant 1997 : non éligible à Crit’Air
- Norme Euro 2 (1997-2000) : Crit’Air 5
- Norme Euro 3 (2000-2005) : Crit’Air 4
- Norme Euro 4 (2006-2010) : Crit’Air 3
- Norme Euro 5 et 6 (après 2011) : Crit’Air 2
Pour les camping-cars lourds (PTAC > 3,5 t) :
- Avant 2001 : non éligible
- Euro 3 (2001-2006) : Crit’Air 5
- Euro 4 (2006-2009) : Crit’Air 4
- Euro 5 (2009-2013) : Crit’Air 3
- Euro 6 (à partir de 2014) : Crit’Air 2
Autrement dit, à partir de janvier 2025, tous les véhicules classés Crit’Air 3, 4 et 5 seront interdits de circulation dans certaines métropoles comme Paris et Lyon, ce qui concerne une large partie du parc actuel.
ZFE : quelles dérogations pour les camping-cars ?
Heureusement, certains véhicules bénéficient d’exemptions. C’est le cas des VASP (Véhicules Automoteurs Spécialisés), dont font partie les camping-cars. Plusieurs villes – dont Paris, Lyon, Strasbourg, Toulouse, Montpellier ou encore Grenoble – autorisent leur circulation, quel que soit leur macaron Crit’Air. Mais attention : ces dérogations varient d’une agglomération à l’autre, et peuvent être temporaires ou permanentes.
L’ADEME (Agence de la transition écologique) recommande aux conducteurs de vérifier systématiquement la réglementation locale avant tout déplacement. Les sites internet des mairies et préfectures restent les sources les plus fiables pour connaître les règles en vigueur.
Des restrictions qui inquiètent les voyageurs
Ces mesures suscitent des inquiétudes, notamment du côté des associations d’usagers, qui dénoncent un risque de discrimination pour les ménages modestes. En effet, selon la Cour des Comptes, près de 40 % du parc automobile français sera exclu des ZFE d’ici 2025, ce qui pourrait peser lourd sur le budget des familles et des retraités attachés à leur camping-car.

Anticiper pour continuer à voyager sereinement
En attendant une harmonisation au niveau national, les adeptes de camping-car devront redoubler de vigilance :
– vérifier leur classement Crit’Air,
– consulter les règles locales avant chaque étape,
– envisager des itinéraires de contournement ou des arrêts dans des aires adaptées,
– et, pour les plus concernés, réfléchir à un futur changement de véhicule vers des modèles plus récents et moins polluants.
Ces contraintes marquent un tournant pour la mobilité urbaine, mais aussi pour le tourisme itinérant. Les voyageurs qui sauront s’adapter pourront encore profiter de leurs escapades, tout en respectant les nouvelles règles imposées par la transition écologique.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.







