Voyager en van aménagé : la face cachée que personne ne vous révèle

Rouler au volant de sa liberté, cheveux au vent et Instagram en poche… La vanlife fait rêver plus d’un sédentaire frustré. Mais derrière les clichés bucoliques de vans avec vue sur l’océan, la réalité réserve bien des surprises. Attachez vos ceintures, on part pour la face cachée du voyage en van aménagé !

La génération van : plus qu’un hashtag, un vrai mode de vie

Partir sur les routes à bord d’un van, en solo ou à deux, séduit une génération de trentenaires en quête d’aventure. En France, le phénomène prend de l’ampleur : en 2021, le syndicat des véhicules de loisirs recensait 16 000 immatriculations de vans et fourgons neufs, soit 10 000 de plus qu’en 2016. L’envie de larguer le quotidien pour vivre autrement traverse autant ceux qui flirtent avec l’aventure via Erasmus pendant leurs études que les professionnels tentés par l’expatriation. Mais pour une poignée de rêveurs, le saut est plus radical. L’itinérance devient leur quotidien, leur van leur maison sur roues.

Ces nouveaux nomades déroulent le fil de leurs voyages sur Instagram : paysages hypnotiques, aménagements ultra conforts… mais attention, ne vous laissez pas égarer par le décor. Tout cela n’a rien d’un conte de fées routier.

Préparer son van : la réalité derrière les photos parfaites

Vous pensez qu’un simple kit Ikea et trois planches feront l’affaire ? Détrompez-vous ! Organiser l’espace de vie, prévoir l’essentiel (sans transformer le van en caverne d’Ali Baba), c’est déjà toute une histoire. D’après Déborah Audevard, ex-consultante devenue vanlifeuse solo, « c’est un immense travail à effectuer en amont ». Pour transformer son Renault Kangoo d’occasion, elle a passé de longs moments devant une montagne de tutoriels en ligne, crayonné moult plans pour optimiser chaque centimètre. L’aménagement, c’est un jeu où il vaut mieux être astucieux et connaître ses besoins sur le bout des doigts.

Lire aussi :  Ce radar qui flashait 1 000 fois par jour finalement neutralisé par les automobilistes

Le couple de blogueurs Kévin Laurent et Tifenn Butel, alias Three Vanlifers, confirme : derrière le confort affiché sur les réseaux, il faut aligner les efforts… et le porte-monnaie. Leur premier voyage de sept mois en Renault Trafic a englouti toutes leurs économies. Le van de leurs rêves, un Fiat Ducato, leur a coûté 35 000 euros, gagnés à la sueur de leur front en travaillant dans la restauration de montagne pendant quatre mois et demi. Ambiance montée de sueur… mais pour la bonne cause !

Le quotidien sur la route : entre ode à la liberté et galères concrètes

Une fois le van prêt, la réalité rattrape vite le voyageur. Vivre dans un van, c’est gérer toute une série de défis bien tangibles :

  • Se garer dans des lieux autorisés (de plus en plus compliqués, surtout l’hiver quand les campings ferment leurs portes).
  • L’hygiène : douche limitée, toilette sèche obligatoire, confort spartiate sur la durée.
  • Gardez aussi en tête la quête quasi-quotidienne de l’eau potable, du gaz, de l’électricité… à organiser sans relâche.
  • La solitude, surtout en solo, peut taper l’incruste. Mais, dixit Déborah, « on s’y fait et ce mode de vie apprend à vivre en solitaire ».
  • Tout est éphémère : difficile, par exemple, d’entretenir des amitiés durables sur la route, souligne Tifenn.

Et n’oublions pas l’autre face cachée : le retour à la vie sédentaire, souvent abrupt. Joana Boukhabza et Éric Bournot, partis à l’aventure en Amérique du Nord et centrale, racontent ce moment où il faut tout quitter, parfois d’urgence, comme lors de la pandémie de Covid : « On se sentait un peu perdus. Ne plus être sur les routes, cela fait perdre ses repères. »

Lire aussi :  Camping-cars bannis : voici les villes françaises qui serrent la vis en 2025

Vie collective, réglementations et accueil parfois glacial

Mais tous les « vanlifers » ne sont pas des anges ! Certains abus dégradent l’image du mouvement : « Jeter ses toilettes chimiques dans la nature »… on a connu plus écolo et respectueux. Résultat, de plus en plus de communes serrent la vis, comme Anglet (interdiction de stationner les vans aménagés sur le Kostaldea l’été) ou encore Biarritz, où les plages deviennent interdites aux véhicules habitables plusieurs mois par an. Un rappel que la vie sur roues est aussi une vie avec des règles, parfois strictes, dictées par le vivre-ensemble.

Conseils pour éviter les mauvaises surprises sur la route

Pour aborder la vanlife sans mauvaises surprises, mieux vaut bien préparer son coup :

  • Prendre le temps de s’informer via forums et ressources en ligne, très nombreux et précieux pour éviter des recherches fastidieuses.
  • Ne pas négliger les démarches administratives : assurance contre le vol, frais bancaires, législations locales et internationales…
  • Avant d’acheter, louer ! Mieux vaut passer par des plateformes spécialisées et tester la vie mobile un week-end que de craquer pour un véhicule et le regretter aussitôt.

Enfin, n’oubliez jamais : partir, c’est aussi accepter les règles du jeu. Si la passion faiblit, rien ne vous empêche de poser les valises. Sur la route comme dans la vie, l’important c’est d’avoir l’envie… et, parfois, un bon GPS pour retrouver son chemin.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.

5,0
5,0 étoiles sur 5 (selon 4 avis)
Excellent100%
Très bon0%
Moyen0%
Passable0%
Décevant0%
Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn