Oubliez le cataclysme annoncé ! Malgré la tempête médiatique autour d’un pseudo « boom » des voitures radars en 2025, la vérité cache un scénario beaucoup plus nuancé… voire carrément inverse. Alors, qu’est-ce qui change vraiment sur nos routes ? Démêlons le compteur du vrai et du faux, sans (trop de) procès d’intention…
Un emballement qui fait vrombir la rumeur…
Tout commence dès potron-minet le jeudi 5 juin. RMC dégoupille une salve médiatique autour d’un chiffre fracassant : d’ici fin 2025, le nombre de voitures radars sur nos routes devrait plus que tripler, passant – tenez-vous bien – de 90 à 300 unités ! S’ensuit une volée de témoignages d’automobilistes échauffés : « Une hérésie », « du racket », titre-t-on même en ligne. Débats, éditos, invitations aux Grandes Gueules… L’idée fait recette et le nombre d’articles grimpe aussi vite qu’une Clio flashée sur autoroute.
Même le chroniqueur Charles Consigny y va de son couplet assassin : « On les installe parce que ce sont des machines à cash ». Voilà pour le feuilleton. Mais voilà, l’histoire était (un petit peu) trop belle… : les chiffres de départ étaient faux, confirmera la délégation de la Sécurité routière au Figaro.
Mais que disent les vrais chiffres ?
Soyons précis – c’est la base quand on parle radar. Première subtilité : il existe deux grandes familles de voitures radars :
- Celles pilotées par les forces de l’ordre (police/gendarmerie),
- Celles conduites par des chauffeurs salariés d’entreprises privées, sous contrat avec l’État.
À partir de juin (autrement dit, maintenant), le dispositif des voitures radars privées s’étendra à l’Ardèche, au Cantal, aux Bouches-du-Rhône et à l’Ariège. En juillet, inscription dans l’Ain, la Haute-Loire, les Pyrénées-Orientales, le Tarn-et-Garonne, et les Alpes-de-Haute-Provence : on fait tourner la roue, ou plutôt, le volant.
La réalité opérationnelle début 2025 : environ 400 véhicules. Détail du casting : 150 voitures dépendent des forces de l’ordre, 250 du privé. Mais, en simultané, « seulement » 110 voitures écument les routes (50 publiques, 60 privées). À la peine, ou à plein régime ? Ce qui est prévu pour fin 2025 : la flotte descend à 300 unités, effet planification oblige. La répartition : 50 publiques (contre 150 au début), et 250 privées, qui elles, ne bougent pas d’un poil.
Côté voitures vraiment en circulation au même instant : cible de 90 pour finir 2025 (15 publiques, 75 privées). Eh oui, ça fait même une légère baisse comparé à aujourd’hui, bien loin du tsunami annoncé !
Ce qui change (vraiment) : la privatisation du radar
Le grand enseignement de tous ces chiffres n’est pas la multiplication des voitures radars… mais le glissement progressif de leur gestion vers le secteur privé. L’État délègue la patate chaude aux entreprises, qui assurent discrètement la relève. À tel point que sur la route, bon courage pour les repérer : ordinaires, ces véhicules se mêlent à la circulation comme poissons dans l’eau – ou Peugeot dans les embouteillages.
- Le nombre de voitures radars privées passera de 60 à 75 en circulation simultanée fin 2025.
- Les forces de l’ordre continueront de piloter, mais avec un effectif nettement réduit (seulement 15 au volant en même temps).
La stratégie : des modèles banalisés, courants, pour brouiller les pistes. Leur repérage devient extrêmement difficile pour l’automobiliste.
Radars, nouvelles technologies et coups de gueule
Le débat reste électrique sur le fond. Pour certains, la voiture radar est l’arbitre d’un racket national. Pour d’autres, ce n’est jamais agréable de payer une amende (l’auteur parle en connaissance de cause…), mais objectivement, cela coûte tout de même moins cher que de blesser ou tuer quelqu’un pour un excès de vitesse. Bien sûr, la réflexion vient souvent après coup…
On s’interroge aussi sur la cohabitation avec les cyclistes. Pourquoi ne pas installer des radars sur les vélos ? Les distances de dépassement (1 mètre en agglo, 1,5 m hors agglo) sont quasi jamais respectées.
Au-delà des radars embarqués, la technologie évolue : capteurs de pesage intégrés dans la chaussée pour détecter les surcharges, radars tourelles Mesta Fusion 2 au flash infrarouge invisible (ils représentent déjà un quart du parc !), cinémomètres laser à Genève ou Lausanne pour un contrôle plus fin (marge d’erreur : 3 km/h), radars pour voies réservées au covoiturage. Bref, la panoplie s’élargit, les méthodes se diversifient… et l’automobiliste n’a pas fini de voir rouge.
En conclusion : la prochaine fois qu’on vous annonce un raz-de-marée de voitures radars, souvenez-vous : la réalité ne fait pas toujours dans l’excès… sauf, peut-être, sur l’accélérateur. Pour rouler tranquille, le meilleur conseil restera le même : levez le pied, et surveillez bien vos rétros (on ne sait jamais qui vous suit !).

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.






