Louer son appartement à des voyageurs peut sembler une bonne idée… jusqu’au jour où ces derniers transforment le logement en véritable ferme à cryptomonnaies. C’est la mésaventure vécue par une propriétaire américaine, qui s’est retrouvée avec une facture d’électricité astronomique après le départ de ses hôtes.
Une maison transformée en mine clandestine
Ashley Ann, propriétaire d’un logement mis en location sur Airbnb, pensait accueillir de simples vacanciers. Mais au bout de trois semaines, c’est une facture de 1 500 dollars (soit environ 1 300 €) qui l’attendait. Intriguée, elle a d’abord suspecté une erreur de facturation avant de se tourner vers les images de ses caméras de surveillance.
La surprise fut de taille : ses locataires avaient installé pas moins de dix ordinateurs de minage. Pas de simples portables pour télétravailler, mais du matériel spécialisé, conçu pour faire tourner des calculs complexes jour et nuit. Un dispositif digne d’un petit data center, dont la consommation énergétique a explosé la facture.
Le business caché du minage
Pour rappel, le minage de cryptomonnaies consiste à faire résoudre des équations mathématiques par des ordinateurs afin de valider des transactions sur la blockchain. En échange, les mineurs reçoivent des fractions de Bitcoin ou d’autres devises numériques. Mais cette activité est extrêmement énergivore : selon l’Université de Cambridge, le minage de Bitcoin consomme chaque année plus d’électricité que certains pays comme l’Argentine.
Dans le cas de cette location, la supercherie a rapporté gros : le locataire principal a reconnu avoir empoché près de 100 000 dollars (86 000 €) en trois semaines grâce à son installation. De quoi relativiser largement la note d’électricité laissée à la charge de la propriétaire…
Une bataille avec Airbnb
Face à cette situation, Ashley Ann a saisi la plateforme Airbnb. Si l’entreprise a d’abord semblé hésitante, les preuves vidéo des caméras ont finalement fait pencher la balance. Les locataires ont été contraints de rembourser l’intégralité des frais.
Mais l’affaire a laissé des traces. Pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise, la propriétaire a ajouté deux clauses inédites à son règlement : interdiction formelle de miner des cryptomonnaies dans la maison et interdiction d’utiliser la borne de recharge électrique sans autorisation.
Quand la créativité tourne à l’arnaque énergétique
Si l’histoire peut prêter à sourire, elle illustre une nouvelle forme d’abus dont peuvent être victimes les propriétaires de locations de courte durée. Louer son logement implique déjà des risques classiques (dégradations, nuisances), mais le minage clandestin ouvre un champ de problématiques inédites, avec des factures qui peuvent rapidement atteindre des sommes colossales.
Une chose est sûre : entre la rentabilité juteuse des cryptos et le coût environnemental et énergétique qu’elles représentent, ce genre d’incident pourrait bien se multiplier… à moins que les plateformes ne renforcent leurs contrôles. En attendant, les hôtes feraient bien d’ajouter une ligne inattendue à leur règlement intérieur : « pas de ferme à Bitcoin dans le salon ».

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.







