À partir du 15 septembre, les automobilistes lyonnais et rhodaniens devront composer avec un nouveau dispositif : des voitures-radar privées, banalisées et conduites par des chauffeurs salariés de sociétés partenaires de l’État. Déjà en circulation dans plusieurs départements, ces véhicules équipés de radars embarqués s’apprêtent à sillonner la France entière dans le cadre du programme national baptisé Dexter.
Des radars qui roulent incognito
Contrairement aux voitures-radar de la gendarmerie ou de la police, ces véhicules sont confiés à des conducteurs de sociétés privées. Les itinéraires restent toutefois décidés par les préfectures et les forces de l’ordre, qui ciblent les zones accidentogènes : routes départementales, autoroutes, tronçons à fort trafic.
À Lyon comme à Béziers, l’arrivée de ces véhicules fait grincer des dents. Pour cause : ils sont totalement banalisés, sans signe distinctif, et flashent aussi bien de face que de dos, à condition qu’il n’y ait pas de séparateur central. De jour comme de nuit, en semaine comme le week-end, ils circuleront sur une vingtaine de parcours renouvelés chaque mois.
Une technologie redoutablement précise
Ces voitures ne se contentent pas d’embarquer un radar. Elles sont truffées de caméras et capteurs capables de repérer un excès de vitesse sans intervention humaine. Mais attention, leur marge technique diffère de celle des radars fixes : 10 km/h de tolérance sous les 100 km/h, et 10 % au-delà (contre 5 km/h et 5 % habituellement).
Pour garantir une présence constante sur les routes, plusieurs chauffeurs se relayeront. Chaque véhicule est censé parcourir jusqu’à 15 000 km par mois, un chiffre qui illustre l’ampleur du dispositif.
Un déploiement massif en cours
Après une phase test dans l’Aude en avril, suivie de l’Aveyron, du Puy-de-Dôme et du Var, les voitures-radar se sont multipliées dans l’Ariège, le Gard, le Lot, la Drôme, la Loire et bien d’autres départements. L’objectif affiché par le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) est clair : allonger les plages de contrôle et libérer du temps pour les forces de l’ordre, qui pourront se consacrer davantage à leurs missions d’intervention et de prévention.
Peut-on contester un flash ?
Sur le plan légal, la privatisation de ces radars est validée. Toutefois, un point reste crucial : les chauffeurs privés n’ont pas le pouvoir de verbaliser. Leur rôle se limite à régler correctement l’appareil en fonction de la limitation en vigueur. En cas d’erreur de paramétrage, il est donc possible de contester son PV. Une vigilance à garder en tête, car si la technologie est fiable, l’erreur humaine n’est jamais exclue.
Avec ce dispositif, l’État muscle son arsenal de contrôle routier. Les automobilistes, eux, devront redoubler de prudence : sur les routes du Rhône et bientôt partout en France, ces voitures banalisées pourraient bien devenir leurs nouvelles meilleures ennemies.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.







