Le camping tel qu’on l’a connu – tentes plantées dans l’herbe, sacs de couchage et simplicité volontaire – semble appartenir au passé. En 2025, la tendance est au camping-car XXL, truffé d’équipements dignes d’un appartement. Une évolution qui fait grincer des dents de l’autre côté du Rhin, où certains regrettent la perte de l’esprit originel du camping au grand air.
Du besoin de réseau à la télé par satellite
Sur les terrains de camping, la scène est devenue banale : des vacanciers scrutent leur téléphone en râlant parce qu’ils n’ont pas de réseau 4G. Le campeur d’aujourd’hui ne se contente plus d’un feu de camp et de quelques chansons à la guitare : il veut Netflix, la radio, ses séries préférées et son confort numérique.
Pendant la pandémie, les camping-cars sont apparus comme la solution idéale pour voyager malgré les restrictions. Mais en 2025, le phénomène a pris une autre ampleur : les véhicules sont devenus de véritables bus aménagés, équipés de cuisines modernes, de machines à laver et même de lave-vaisselle. De quoi transformer l’expérience en un prolongement de la maison… mais loin de l’esprit d’origine.
Le rituel du campeur moderne
Dans ces campings surchargés, le rituel est bien rodé. Monsieur passe deux heures à garer son engin de 8 mètres, déploie l’antenne parabolique et sort la marquise télécommandée. Madame, ensuite, déroule tapis et paillassons, créant un périmètre quasi sacré devant l’entrée du véhicule. Plus question de simplicité, tout est ritualisé, organisé, parfois à la limite de l’absurde.
La convivialité ? Elle se réduit parfois à siroter des bières sur les marches du camping-car, chacun dans son coin, loin de l’image d’un camping où les voisins se retrouvent autour d’un apéro improvisé.
Les tentes disparaissent des campings
Dans certains établissements, comme à Leffrinckoucke, près de Dunkerque, il n’existe même plus d’emplacements pour tentes. « Camping » ne rime plus forcément avec toile légère et nuits fraîches, mais avec véhicules imposants et emplacements occupés à l’année par des campeurs permanents.
En Bavière, un camping de 256 places ne comptait qu’une seule tente : celle du journaliste qui relate cette transformation. Le reste des emplacements était occupé par des camping-cars transformés en véritables maisons secondaires, agrémentées de tonnelles, de pots de fleurs et même de nains de jardin.
La fin d’un certain art de vivre
Autrefois, camper signifiait dormir sous la tente, vivre dehors, se contenter de peu. Aujourd’hui, les emplacements se réservent des mois à l’avance, et certains vacanciers passent plus de temps à tondre leur pelouse artificielle ou à briquer leur voiture qu’à profiter de la nature environnante.
Même en France, pourtant premier pays européen en nombre de places de camping, la tendance est à la saturation des terrains par des camping-cars toujours plus nombreux.
Pour les nostalgiques, l’esprit du camping « roots » – sac de couchage, café face à la mer et liberté totale – s’est envolé. Beaucoup se disent désormais tentés par une autre alternative : troquer le camping pour un centre de bien-être, quitte à tourner le dos à ce qui fut, jadis, un mode de vacances simple et authentique.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.







