Vers la disparition des tentes, caravanes et campings-car

Tentes, caravanes, camping-cars : une lente disparition

Dans de nombreux campings français, les emplacements nus destinés aux tentes, caravanes ou camping-cars se font de plus en plus rares. La montée en gamme de l’hôtellerie de plein air favorise les mobil-homes et hébergements locatifs, plus rentables, mais moins accessibles aux vacanciers au budget serré.

Des campeurs mobilisés pour sauver les terrains nus

Une pétition baptisée « Sauvons le vrai camping » a déjà récolté plus de 10 000 signatures. Portée par des gérants de campings et des passionnés, elle réclame l’obligation pour chaque établissement de conserver un minimum d’emplacements nus.
Olivier Lemercier, à l’origine du mouvement, rappelle que « le camping traditionnel fait partie de la culture française ». Selon les chiffres du collectif, la France perd environ 3 % d’emplacements nus par an, au profit des locatifs. En 2021, on comptait 411 000 emplacements nus sur 657 000 au total (INSEE).

Une gentrification qui change le visage du camping

Pour le sociologue Olivier Sirost, on assiste à une « gentrification » des campings. Les mobil-homes et chalets attirent de nouveaux clients, souvent plus aisés, tandis que les campeurs traditionnels – retraités et classes populaires – peinent à trouver des terrains abordables.
Cette évolution remet en question un acquis historique : le droit aux vacances issu du Front populaire. Les prix parlent d’eux-mêmes : en 2021, une semaine en emplacement nu pour quatre personnes coûtait en moyenne 190 €, contre 490 € pour un hébergement locatif (FNHPA).

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Entre lois, marché et changement de clientèle

Des évolutions législatives ont aussi joué leur rôle, comme la création dans les années 1980 des parcs résidentiels de loisirs ou l’apparition d’une cinquième étoile en 2010. Parallèlement, de nombreux campings municipaux ont été rachetés par des groupes privés, entraînant une montée en gamme généralisée : Wi-Fi, piscines, bars, restaurants…
Aujourd’hui, 41 % des campings sont classés 3 étoiles et 23 % en 4 étoiles (Atout France). Le phénomène du glamping, mélange de camping et de luxe, illustre cette transformation, même si certains y voient une contradiction dans les termes.

Un débat qui divise le secteur

Le président de la FNHPA, Nicolas Dayot, tempère les inquiétudes : la France compterait encore 51 % d’emplacements nus, un record européen, et leur popularité serait même en hausse avec +30 % de réservations cet été. Pour lui, le bon équilibre est un ratio 50/50 entre terrains nus et locatifs.
Mais sur le terrain, des campeurs constatent que leurs lieux favoris se transforment. Lodges, chalets et maisons en dur remplacent les espaces pour caravanes. Certains, comme Guéna, racontent leur déception face à des campings transformés en aires de camping-cars. D’autres, comme Gérard, se retrouvent isolés : « Sur plus de 300 mobil-homes, nous étions deux caravanes. Nous étions devenus une curiosité. »

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.

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