De plus en plus de voyageurs racontent leurs mauvaises surprises après un séjour réservé sur Airbnb : des factures salées pour des dégradations dont ils se disent innocents. L’histoire de Thibaut, jeune francilien parti dans le sud de la France, illustre bien ce phénomène.
Une vitre fissurée qui vire au casse-tête
Au retour de son séjour, Thibaut découvre une réclamation : son hôte l’accuse d’avoir brisé une baie vitrée et exige 1 400 € de réparations. Pourtant, le voyageur avait signalé dès le départ une fissure apparue de l’intérieur, sans aucun choc visible. Il évoque un choc thermique lié à la canicule et à la climatisation, hypothèse confirmée par des voisins qui auraient déjà constaté le même problème. Malgré ses photos et vidéos envoyées à la plateforme, le propriétaire réclame aussi 300 € de frais de déplacement et 100 € pour une journée de logement bloquée, le tout sans fournir de facture.
Des voyageurs qui dénoncent des pratiques abusives
Sur les réseaux sociaux, d’autres témoignages similaires circulent. Une utilisatrice a raconté qu’on lui avait réclamé 2 470 € pour des réparations finalement annulées par Airbnb. Un autre internaute s’est vu demander 300 € pour une simple tache de shampoing dans une salle de bains. Plus inquiétant encore : un voyageur affirme avoir reçu une facture de 4 000 € pour un liner de piscine abîmé… qui était déjà endommagé à son arrivée, photos à l’appui.
Bonsoir, je vais vous raconter mon expérience avec une hôte airbnb qui a, par les mêmes pratiques, tenté de nous faire payer à mes amis et moi 2 407, 09 EUROS!!! https://t.co/7Io3RY58ex pic.twitter.com/mjQPA929dV
— emma (@polvaradiluna) August 20, 2024
Une pratique interdite mais difficile à contrôler
Selon Me Jonathan Bellaiche, avocat spécialisé en droit immobilier, ces réclamations « gonflées » ou infondées ne sont pas rares. Or, les conditions générales d’Airbnb interdisent clairement les demandes abusives : un hôte doit apporter la preuve des dommages et leur lien direct avec le séjour du voyageur. La plateforme affirme que ces situations restent exceptionnelles : en 2024, seulement 0,03 % des réservations ont donné lieu à des remboursements supérieurs à 1 000 dollars.
Dans le cas de Thibaut, après plusieurs échanges, Airbnb a fini par réduire la demande à 900 €, avant d’annuler totalement la facture après appel. « Les médiateurs ont été à l’écoute », reconnaît-il, soulagé.
Les conseils pour éviter les mauvaises surprises
Pour limiter les risques, les experts recommandent aux voyageurs de :
- demander un état des lieux à l’entrée,
- prendre des photos du logement dès l’arrivée,
- signaler immédiatement toute dégradation déjà présente,
- conserver des preuves écrites (messages, mails) via la plateforme.
Ces réflexes permettent de mieux se protéger en cas de litige. Sans constat ni état des lieux, les frais de réparation imposés par un hôte peuvent être considérés comme illicites.
Une expérience qui laisse des traces
Airbnb assure vouloir offrir « la meilleure expérience possible » aux hôtes comme aux voyageurs, avec une garantie couvrant jusqu’à 3 millions de dollars de dommages dans certains cas rares. Mais malgré ces promesses, certains clients sortent échaudés et préfèrent retourner vers des solutions plus classiques. Comme le résumait un internaute, amer : « Bilan des courses : vive l’hôtel. »

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.







