Acheter un camping-car : la fausse bonne idée qui peut vous coûter cher

Le camping-car séduit, fait rêver, et donne soif d’aventure. Mais entre économie supposée et investissement réel, l’achat de ce petit palace roulant n’est pas toujours l’aubaine attendue. Décryptage d’un plaisir qui, mal calculé, peut vite coûter bien plus qu’un séjour à l’hôtel trois étoiles…

Le fantasme du voyage à petit prix

Difficile de résister à cette image d’Épinal : vous voilà, café fumant à la main, devant une vue splendide sur les hauteurs d’Urrugne au Pays basque. « C’est un plaisir qui ne coûte pas trop cher », déclare, visiblement ravi, un camping-cariste au micro d’un reportage de TF1. Il n’est pas le seul à céder à la tentation : ce rêve de liberté a de plus en plus d’adeptes, preuve en est, le marché du camping-car a progressé de 8,2 % l’an passé.

Les raisons de cet engouement ? Outre l’appel du large, l’idée de réduire le coût des vacances fait mouche. Prenons un exemple concret, celui d’un couple de Normands, héros ordinaires d’une traversée de 2000 kilomètres entre la France et l’Espagne. Leur bilan financier après cinq semaines de vadrouille ? Un budget « très serré », à peine 2000 euros pour tout le séjour, autoroute incluse. Pour eux, le calcul est vite fait : leur camping-car revient à l’équivalent de 17 euros par jour de logement. De quoi faire rêver tous ceux qui redoutent la note salée d’un été sur la côte.

Lire aussi :  Van ou camping-car ? Immersion sur le littoral vendéen avec ceux qui ont fait leur choix

La douche froide du prix d’achat

Mais attention à ne pas oublier le principal invité de la fête : le prix d’achat ! Là, les chiffres montent vite dans les tours : comptez entre 50 000 et 70 000 euros pour un modèle neuf de moyenne gamme. Et dans les allées du salon du véhicule de loisirs (en pleine effervescence au Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte), nombreux sont les visiteurs à se gratter la tête, se demandant comment rentabiliser un tel investissement sans passer leurs vacances à vendre des glaces sur la plage.

Michel Freiche, président du salon, tempère cependant : « On estime que le camping-cariste utilise son véhicule environ 70 nuits par an. Le camping-car perd relativement peu sa valeur dans le temps, ce qui permet finalement un achat rentable : au bout de 4, 5 ou 6 ans, vous pourrez le revendre avec une bonne valeur résiduelle ». Un argument rassurant… à condition de partir suffisamment souvent, sans jamais laisser le bolide prendre la poussière au garage.

Location : la bouée de sauvetage financière

Face à la réalité de la dépense, certains ont trouvé la parade pour alléger la note. Vive la solidarité entre vacanciers : de plus en plus de propriétaires louent leur camping-car lorsqu’ils ne s’en servent pas. Grâce à des plateformes spécialisées, espérer gagner 5 000 euros par an devient envisageable.

  • En louant régulièrement, cela représente près de 500 euros par mois (dixit Franck Chatel, responsable chez Hapee), à soustraire de la mensualité de financement du véhicule.
  • Un « revenu non négligeable » qui peut faire la différence dans le budget et donner un vrai coup de pouce à la rentabilité du camping-car.
Lire aussi :  Audi Vanlife : une IA imagine un van aménagé spectaculaire et futuriste

Voilà qui peut transformer une lubie en vraie réussite financière… tant que votre engin n’est pas loué à un amateur de rallye sur gravier !

Rester raisonnable pour ne pas déchanter

Des astuces existent donc pour ne pas exploser le budget – mais attention à ne pas céder à toutes les tentations. La prudence est de mise, surtout si la tentation du haut de gamme vous guette. Le reportage de TF1 met lui-même en garde : méfiez-vous du modèle doté d’une suite de luxe et d’un coffre XXL capable d’engloutir… une voiture !

En résumé, le camping-car peut être synonyme de liberté et d’évasion, à condition de garder la tête froide et la calculette en poche. Entre budget malin et astuces de location, les vacances restent un plaisir. Mais mieux vaut choisir son modèle et son usage avec discernement… ou accepter d’emporter avec soi, en plus des souvenirs, une facture qui n’a rien de folklorique !

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.

5,0
5,0 étoiles sur 5 (selon 4 avis)
Excellent100%
Très bon0%
Moyen0%
Passable0%
Décevant0%
Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn