Et si louer une voiture se transformait en tour du monde… sur quatre roues ? C’est ce qui est presque arrivé en Afrique du Sud, où un conducteur a pulvérisé tous les compteurs – et pas seulement celui du tableau de bord.
Quand la location vire à l’exploit marathonien
Voyager, c’est s’offrir la liberté d’aller où bon nous semble, parfois au volant d’une voiture de location. Pratique, modulable, plus souple que les transports en commun, la location séduit autant pour les petits sauts de puce que pour traverser des paysages grandioses (ou bien des embouteillages mémorables).
Or, la liberté s’accompagne de règles. Les agences de location, conscientes des dérives possibles, les inscrivent noir sur blanc dans leurs contrats. Et généralement, tout va bien… Jusqu’à ce qu’un client profite du système un peu plus que de raison. L’incident du mois dernier en est la (détonante) preuve.
40 000 kilomètres, un record (presque) humainement impossible
Dans une agence Hertz en Afrique du Sud, un conducteur avisé (ou franchement tenace) a signé pour un mois de location, la tête légère grâce à la clause « kilométrage illimité ». L’accord idéal pour explorer la savane sans compter, penserait-on. À la restitution du véhicule, coup de théâtre : le compteur affiche… 40 000 kilomètres de plus ! Pour situer, c’est comme faire plus de 1 300 kilomètres chaque jour, sans week-end, et sans pause pumba.
La prouesse étonne même les plus chevronnés. Un tel marathon relève du délire pour une seule personne. Sauf à envisager des scénarios abracadabrantesques, comme une sous-location non déclarée ou une joyeuse rotation de conducteurs. Pourtant, Hertz n’a pas pu le prouver. Malgré tout, impossible de faire comme si de rien n’était – même avec une offre de kilomètres illimités, il y a des limites à l’illimité !
Où s’arrête l’illimité ?
Les termes du contrat en Afrique du Sud exigent un « usage honnête » du véhicule. Vous trouvez ça vague ? Vous n’êtes pas seul ! Pourtant, l’agence ne s’en laisse pas conter : faire 40 000 kilomètres avec une voiture de location, c’est enfreindre l’esprit des règles, si ce n’est la lettre. Et pour cause :
- Cela représente entre 13 et 15 heures de conduite par jour, à vitesse raisonnable.
- Une consommation de carburant qui ferait rougir un porte-feuille averti.
- Un stress mécanique sur la voiture qui ferait pleurer le garagiste du coin.
Même avec la plus grande motivation du monde, difficile d’imaginer un usage personnel « classique » dans ces conditions. Hertz soupçonne donc un usage détourné, voire commercial, du véhicule. Résultat : ils réclament près de 10 000 euros de compensation, estimant l’abus manifeste du contrat. Réponse du conducteur : niet, pas question de payer.
D’où la perspective d’un bras de fer judiciaire tenu en haleine par quelques zéros sur la facture… et 40 000 kilomètres au compteur.
Le kilométrage illimité : eldorado ou piège à complications ?
L’histoire n’est pas qu’un fait divers croustillant. Elle jette aussi une lumière crue sur la faille possible des offres « illimitées ».
- Pour les clients, elles sont synonymes de tranquillité d’esprit.
- Pour les agences, elles représentent un risque d’abus pas franchement négligeable.
Plusieurs loueurs songent désormais à renforcer clairement leurs contrats : clauses plus strictes, mais aussi suivi GPS renforcé pour éviter les surprises monumentales à la restitution. Car trop de liberté tue la liberté… surtout quand elle coûte une fortune en carburant et en réparations.
Morale de l’histoire : que vous soyez un globe-trotteur ou un marathonien du volant, lisez attentivement votre contrat avant de partir à l’aventure ! L’illimité, c’est bien, mais il y a parfois un prix… et quelques kilomètres de trop peuvent transformer la liberté retrouvée en parcours du combattant juridique.

Jules Jourdain est un passionné de voyages et spécialiste du monde du camping-car. Il rédige des articles thématiques mêlant conseils pratiques, récits d’escapades et actualités du secteur. Son objectif : accompagner les voyageurs dans leurs aventures sur les routes.






